Hybridation des Hémérocalles
Introduction
L’hybridation des hémérocalles connaît une popularité sans cesse grandissante pour une foule de raisons. D’abord, l’opération est très facile, ensuite, les résultats sont de plus en plus intéressants, sans compter que les buts poursuivis peuvent être très nombreux et différents d’un amateur à l’autre. C’est en plus un passe-temps des plus intéressants qui donne à brève échéance des résultats parfois saisissants.
Ce qu’il faut d’abord savoir
Les centaines de milliers d’hémérocalles qui existent aujourd’hui son issues d’une vingtaine d’espèces seulement existant à l’état sauvage, toutes soit rouge, orangé ou jaune. Les premiers hybrides remontent à la première partie du XXè siècle et le chemin parcouru est incroyable quand on s’arrête à regarder les récents hybrides que l’on retrouve de nos jours chez les hybrideurs renommés.
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Si vous possédez quelques hémérocalles dans votre jardin, il vous est peut-être arrivé d’observer à la fin de la saison, de grosses gousses d’abord vertes puis ensuite brunâtres sur les hampes qui portaient les fleurs. La pollinisation a été effectuée soit par le vent, soit par les insectes et ces gousses contiennent des graines noires que vous pourriez semer. Là où cela devient intéressant, c’est que vous pouvez vous substituer au vent ou aux abeilles et décider quel pollen vous voulez mettre sur un pistil de votre choix.
Technique
D’abord vous devez connaître trois choses :
- La morphologie, c’est-à-dire les différentes parties de la fleur mises à participation lors de l’hybridation;
- La ploïdie de la fleur, c’est-à-dire le nombre de chromosomes que chaque fleur contient. Il n’existe en fait que deux groupes :
- LES DIPLOÏDES qui comptent 22 chromosomes
- LES TÉTRAPLOÏDES qui comptent 44 chromosomes
Il n’y a qu’une façon de connaître la ploïdie de la fleur : c’est habituellement indiqué sur l’étiquette lors de l’achat de la fleur. Sinon, si vous savez le nom de votre hémérocalle, le site AHS Database vous donnera cette information.
- Les différentes formes de fleurs : ordinaire, araignée, UF ( abréviation anglaise de Unusual Form ) et qui indique une forme inhabituelle.
Nous ne traiterons que des deux premiers éléments.
1. La morphologie de la fleur
Veuillez vous référer à la photo ci-dessous.

Les parties qui nous intéressent sont les étamines et le pistil. Les étamines sont habituellement au nombre de six (6). Elles se terminent par de petites capsules appelées anthères qui contiennent le pollen, élément mâle de la fleur.
Sous l’effet de la chaleur, en début d’avant-midi, les capsules s’ouvrent et se couvrent d’une poudre jaune très légère et facilement transportable par le vent, le pollen.
Au milieu de ces étamines, on remarque une longue tige blanchâtre. À première vue, on dirait une longue étamine mais qui n’a pas de capsule de pollen à son extrémité. Il s’agit du pistil dont l’extrémité est un peu ouverte en forme de minuscule trompette habituellement couverte d’une substance sucrée et collante ; cette extrémité est le stigmate et conduit à la partie femelle, l’ovaire, partie verte située à la base de la fleur.
Manière de procéder
D’une grande simplicité, il suffit de choisir le pollen d’une fleur et de décider d’aller le déposer sur le stigmate d’une autre fleur.
Il suffit de prélever avec les doigts ou de petits ciseaux, une étamine chargée de beau pollen poudreux et d’aller frotter le stigmate de votre fleur choisie avec et le tour est joué.
Une même étamine peut servir à «polléniser» une foule d’autres fleurs, tant et aussi longtemps qu’il y aura du pollen dessus. N’oubliez pas d’attacher à la base de la fleur, sur une étiquette, les noms des deux parents afin que vous puissiez les inscrire sur vos sachets de graines.
La meilleure période du jour pour faire l’hybridation est entre 10:00h AM et midi. S’il y a apparence de pluie, il est inutile d’hybrider.
Il ne reste qu’à attendre. Si la pollinisation n’a pas pris, deux jours plus tard, la fleur fanée tombe. Si la pollinisation a réussi, la fleur séchée ne tombe pas et on observe un renflement de la partie verte à la base de la fleur là où sont les ovules.Une gousse de graines va se développer et entre six et huit semaines, la gousse va jaunir, éclater et laisser entrevoir de grosses graines noires. 

On ramasse alors ces graines et on les étend sur un papier au frais, dans un endroit sec et on les laisse sécher pendant deux ou trois jours. On les met alors dans des enveloppes de papier ou de glassine( enveloppes pour les timbres ) et on les conserve au réfrigérateur pour au moins trois semaines.
Les graines d’hémérocalles ont besoin de vernalisation ( période de froid ) pour faciliter leur germination. On peut passer cette étape mais le taux de germination sera beaucoup moins élevé.Évitez les sacs de matière plastique, genre «ziploc» qui retiennent trop l’humidité, favorisent la pourriture et souvent la germination prématurée des graines.
Dès que les graines ont séjourné au froid pendant trois semaines, elles peuvent être semées à l’intérieur puis repiquées dans votre jardin dès que tout risque de gel est passé. Les graines prennent habituellement entre 5 et 10 jours pour germer, parfois plus ( jusqu’à un mois ). Fertilisez peu au départ et augmentez la fertilisation en alternant le 20-20-20 et le 15-30-15 aux deux semaines environ.
2. La Ploïdie
Une seule règle prévaut : on croise une diploïde avec une diploïde et une tétraploïde avec une tétraploïde. Dans la nature, il n’existe dans les espèces «indigènes» d’origine, que des diploïdes. Les tétraploïdes sont le résultat de manipulations génétiques des hybrideurs. Les tétraploïdes sont beaucoup plus grandes, prolifiques et spectaculaires à bien des points de vue que les diploïdes. En revanche, les couleurs les plus vives, les plus saturées se retrouvent habituellement chez les diploïdes.
Conclusion
Il n’y a pas de règles en hybridation. Il y va presque essentiellement du hasard. Avec le temps, vous remarquerez que certaines fleurs transmettent certaines de leurs caractéristiques plus facilement que d’autres. Vous découvrirez aussi d’autres éléments aussi surprenants que le fait par exemple de croiser deux rouges ensemble ne donnera que très peu de rouges dans la descendance. En revanche, une rouge avec une hémérocalle de couleur pastel pourra vous donner des rouges éclatants. Par contre, certaines fleurs ayant les mêmes caractéristiques vous donneront des rejetons ayant des airs de famille.
Ci-dessous est illustré un croisement réalisé par Bill Jarvis. On voit en haut les deux parents: “Hedwig’s Eyes” à gauche et “Spacecoast Gold Bonanza” à droite. En dessous, trois rejetons obtenus par le croisement.


Si vous croisez deux hémérocalles de couleur violet foncé, vous risquez d’obtenir presque uniquement des fleurs de couleur lavande ou lilas pâle; mais il se peut aussi qu’une fleur violet très foncé fasse partie de la famille.
Il vous revient de décider de ce que vous recherchez en hybridation : la création d’une nouvelle couleur, d’une grande fleur, d’une fleur de forme spéciale, d’une fleur à bordure très frisée, bref les possibilités sont illimitées.
Bonne hybridation et nous vous souhaitons de produire un cultivar remarquable. Une mise en garde s’impose cependant, LA fleur spectaculaire survient souvent après plusieurs essais et tous les hybrideurs professionnels vous diront que les chances d’obtenir un sujet qui se démarque sont d’environ deux sur mille. C’est quand même beaucoup plus élevé que la chance de décrocher le gros lot au Lotto 6/49 qui est de une sur 13 millions. ?
5 commentaires
Wow. Merci pour cette capsule. C’est très intéressant et facile à comprendre. Je me demandais comment les gens réussisaient à faire cela, maintenant que je sais le truc, c’est à moi d’essayer.
Formidable votre nouveau site
Super capsule d’informations. Tout est très clair et bien expliqué.
J’étais déja en amour avec le hémérocalles mais cette possibilité de produire moi même de nouvelles fleurs m’emballe au plus haut point!!!!!
Je démange de commencer mes propres hybridations!!!!
C’est comme enfanter et de découvrir après un certain temps de quoi à l’air notre rejeton!!!
Que de belles surprises m’attendent!!!
J’ai commandé de vos graines d’hémérocalles et je les attend avec impatiences pour au plus vite les mettrent en terre!!!
Encore un gros merci et bonne saison de jardinage!!!!
Je trouve cela formidable qu’il y aie des gens comme vous pour partager leur savoir. Maintenant je comprends davantage la manière de procéder pour hybrider les hémérocalles. Un grand merci me voilà prête pour cette grande aventure qui j’en suis certaine me réservera sûrement de belles surprises. J’adore votre site il a intérêt à être connu.
Au plaisir…Lilasmai…
bonjour
je viens de découvrir votre site
quel dommage que vous ne soyez pas en FRANCE
que de conseils que du bonheur
une question me titille j’ai essayé l’hybridation cet été
j’étais contente tout avait bien pris les cosses grossissaient et d’un seul coup
les cosses étaient mangées avec des trous et les graines impossible d’arriver a maturité
merci encore
Bien le bonjour, fée annie,
Je prendrai un plaisir titillant à vous répondre mais votre attente sera malheureusement peut-être déçue.
Vous trouvez ça dommage que nous ne soyions pas en FRANCE mais pas nous-autres.
…surtout après votre description des ravages que peut faire votre bibitte FRANÇAISE et non pas AMÉRICAINE, perçeuse de tunnels dans les cosses et avorteuse de graines que nous sommes heureux de ne pas connaître.
… notre expertise se limitant au continent AMÉRICAIN.
Si un lecteur EUROPÉEN avait à la fois la bonté de nous écrire et l’expérience de votre bestiole cosse-ivore… surtout s’il ou elle avait une méthode de destruction de vermine à proposer…
C’est une invitation à nos cousins EUROPÉENS !
Si j’avais ce problème-lâ, les cosses perçées lâ, faute d’anti-bibittes j’essaierais une capote de tulle à rideaux prophylactique sur le fruit dès que ce serait évident qu’il se développe un fruit.
Une capote retenue par un élastique.
Qui dit mieux ?
Vous êtes tous bienvenus.