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À l’aube d’un p’tit matin pluvieux de la fin de novembre…
Je me promenais dans la brumasse humide dans le jardin des Mères-Fées…
Le tombereau qui réalise le rêve de jeunesse de mon ancêtre Jos. Jasmin s’est mis à me parler.
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Le tombereau qui me parle.
Il me dit que les feuilles mortes ne sont mortes que pour que l’arbre vive, que je mourrai bientôt, que j’appartiens autant à l’arbre qu’à ses feuilles, et que si je veux faire de quoi de pas pire avant de partir, la journée qui commence serait une bonne occasion.
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J’ai pris la photo que Vous voyez à droite, je suis rentré dans la cuisine, j’ai pris un p’tit café, j’ai fumé un p’tit brin…, et me voilà rendu en train de Vous écrire.
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… pour Vous montrer des gens que j’adore et des belles choses que j’aime.
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Le chien serait plus enthousiaste si on cultivaient de quoi de carné.
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Tels le lutin Patrice, notre survenant-stagiaire, le chien Snoopy et Louis, mon fils unique, qui Vous présentent à gauche les assiettes géantes de belles p’tites graines qu’ils ont récolté.
Ce sont des tournesols géants de Russie qui proviennent d’un bienfaiteur dont je Vous ai déjà parlé.
Si Vous voulez de la semence, on Vous en offre à 10¢ la graine plus les frais de transport.
Écrivez nous: meres.fees@gmail.com .
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Le lutin Marc et ses boutures fraîches.
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Au cours de notre p’tite visite mensuelle, nous rencontrons sur le bord du fosset à l’arrière des nouveaux tapis de culture, le lutin Marc, mon cousin-par-alliance en provenance de Valleyfield.
Vous le voyez ci-contre à la fin du stage de bouturage d’automne qu’il a complété tout récemment dans le jardin des Mères-Fées.
C’est une première autant pour lui que pour nous-autres.
C’est le mage Robert qui nous a dit que d’après son expérience à Cap-Chat, ça serait en automne que certaines boutures prendraient le mieux.
On a hâte au printemps pour voir les résultats de l’expérience.
Le p'tit Hugo en avait envie de pleurer.
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En octobre, depuis la dernière visite guidée, le malheur nous a frappés.
Voyez ci-contre à gauche comme le p’tit Hugo, le fils unique de Ben, trouve çâ de valeur de voir un pommier à 4 greffes qui vient d’en perdre une en se faisant écharogner par le vent.
C’est bel et bon, les pommiers multigreffes, mais c’est fragile de l’aisselle de branche au vent.
Les p'tits arbres sont rassemblés au bord de l'eau: comme pour un conseil de famille.
Le mage Robert a fini par alimenter son plan d’eau.
Je Vous dis qu’il était content et que ça fait des belles images.
Voyez à droite…
La danseuse du ventre se penche vers nous en écartant les bras et en balançant du croupion.
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Tant qu’à être dans le jardin de Robert, je m’en voudrais de ne pas Vous montrer à gauche le mélèze pleureur qui se prenait pour une lumière danseuse du ventre.
Tous les mélèzes font çâ au mois d’octobre: il suffit d’avoir un kodak de prêt au moment ou il se fait frapper par un rayon de soleil
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Que c'est donc agréable de s'amuser tous ensemble.
Il y a aussi la station de pompage coopérative qui a pris forme sous nos mains depuis le mois d’octobre.
Plein de gens ont participé à son érection; j’en profite pour leur exprimer mon appréciation reconnaissante…, et j’ai choisi, parmi une foule de photos montrant plein de monde en masse mieux que pas pires, une image qui montre une particule cosmique ouvrière-constructive en masse pas pire à mon goût: la fée Mémé avec son p’tit air crasse et souriant qui accompagne votre serviteur.
…’est belle han ?
Je l’aime.
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Novembre a beau être le mois des morts; peu avenant autant dans le jardin des Mères-Fées que dans tout le nord de l’hémisphère nord de ma planète, il y a, dans l’idée même de la mort, une part de BEAUTÉ que je trouve plaisant de cultiver dans mes loisirs malgré novembre et son induction de tristesse.
Je cultive de la BEAUTÉ en l’engraissant avec de l’AMOUR tout en refusant de me bâdrer d’être tristounet.
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Je Vous donne un exemple…
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Sur le bord de la piscine au coeur des feuilles mortes: une p'tite fée sympathique bien qu'un peu défraîchie.
Les feuilles mortes tapissent le sol comme un véritable charnier de cadavres empilés pêle-mêle en totale perdition.
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De la riche substance que l’activité microbienne intense va bientôt transformer en humus, une p’tite fée de résine semble éclore pour me saluer sur le bord de la piscine.
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Une p’tite fée de résine un peu “cheap”ette, qui vient de chez WalMachin: elle est toute décolorée.
Son visage juvénile me sourit, elle me parle de ma mère: c’est à elle que je pensais en pondant le concept de Jardin des Mères-Fées le jour ou j’ai acheté le premier bibelot de fée.
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Elle me dit que malgré la mort, ma mère-fée-du-foyer vit dans mon souvenir; autant que dans le Cosmos; elle a retrouvé sa jeunesse, telle que je me plais à la voir…
“Vas voir sur le mur.” la fée de résine me dit-elle…
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J’y vas.
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Ma mère que j'aime toujours.
Sur le mur du salon, ma mère est lâ avec l’attrait de la vingtaine: elle me sourit.
J’entends sa voix dans ma tête…
Elle nargue la mort de novembre en m’invitant à aller la retrouver.
À bientôt et en attendant, bon restant de Vie.